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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 21:14

Danse au crépuscule

Chapitre 3 : La danse du maître de l’or

 

L’arrivée à la citadelle de la jeune étrangère souleva un tollé parmi les fiers guerriers de Kahina. Deux personnes la défendirent face à un peuple entier : Ikku et le maître alchimiste qui la prit sous son aile comme apprentie. L’hostilité de tous ébranla la jeune fille mais elle prit sur elle.

- L’enseignement te sera rude, mais tu surpasseras les épreuves. N’est-ce pas là, après tout, ce que tu es venue chercher en ces terres arides ?

Les paroles du vieux maître résonnent encore à ses oreilles. Lui qui n’est plus, lui qui lui a ouvert les yeux et les oreilles, lui qui lui a montré la voie, donné une voix pour chanter avec le sable. Mourant, il a désigné Maryline pour lui succéder. Dans un souffle, il s’est excusé de lui compliquer davantage l’existence au sein de la communauté. Car être désigné par le maître est une chose. Prouver qu’on en est digne en est une autre. Cette épreuve, elle l’avait inconsciemment réussie par le passé, de par sa rencontre avec le Gardien Vigilant. Il lui avait même assuré qu’elle était née pour ce rôle. Des années durant, elle s’était entraînée comme ses pairs apprentis à maîtriser les formules et les chants pour approcher le niveau de la perfection. L’avait-elle atteint ce jour, au crépuscule, alors qu’elle s’apprêtait à entonner le chant funèbre et exécuter la danse rituelle du maître de l’or qui ferait d’elle un maître alchimiste ou une exclue de la tribu à jamais ? Aujourd’hui elle connaissait la réponse. Et aujourd’hui encore, elle avait dansé pour le repos de l’âme d’un guerrier. Mais pendant des années de dur apprentissage, elle avait douté d’elle-même.

- Le doute, c’est ce qui nous maintient dans notre humanité, nous qui possédons des pouvoirs proches de ceux des dieux, avait un jour dit Ikku.

Même si le doute les avait empêchées d’avancer des années durant.

 

La semelle des sandales claquait durement sur le sol tassé, projetant des nuages de poussières à chaque pas. Ses professeurs l’auraient réprimandée pour ce manque de discrétion de la part d’une guerrière, qui plus est d’une princesse. Mais Ikku n’en avait cure, là où elle allait, personne ne viendrait lui faire de reproche. Aussitôt libérée de ses obligations d’apprentie souveraine, titre officialisé à son retour d’initiation, elle avait foncé vers l’ancien rempart ouest. En ce soir d’hiver, le soleil se coucherait bientôt. Il n’était déjà plus très haut sur l’horizon. Elle accéléra sa course, traversant les vestiges des bas-quartiers occidentaux laissés à l’abandon depuis la chute de la première Kahina. Ici avait eu lieu de sanglants combats et l’envahisseur n’avait fait preuve d’aucune pitié. Le fantôme du massacre planait encore sur les ruines, de sorte qu’à la reconquête de la citadelle par les guerriers du clan, le quartier de l’ouest n’avait jamais été réhabilité. Les gens ne le traversaient que pour se rendre au cimetière. Partout, le sable avait repris ses droits au pied de la forteresse.

Cet endroit abandonné de tous ne pouvait que lui convenir, songea Ikku.

Elle sauta d’un muret moisi sur les blocs de pierre à moitié éboulés du rempart et embrassa l’horizon du regard. Le soleil inondait la plaine stérile d’une flaque rubiconde. Ikku s’était attendu à voir une silhouette se découper sur le sable, répétant les gestes et les formules inlassablement, jusqu’à réussir l’exercice. Depuis deux ans qu’elle était arrivée dans la tribu de Kahina, Maryline s’entraînait plus que de raison dans le but de rattraper son retard évident sur ses pairs apprentis alchimistes. Tous les soirs, quand elle n’était pas de corvée, elle s’isolait dans les ruines pour travailler les enseignements de son maître. Ce soir il n’y avait personne, et Ikku était pourtant certaine qu’elles s’étaient bien donné rendez-vous la veille.

- Maryline ? cria-t-elle à l’immensité. Seul l’écho de la falaise des tombeaux lui répondit. Ikku réitéra son appel.

- Je suis là, renvoya une voix au pied du rempart.

Maryline était assise contre le mur, les genoux ramenés contre sa poitrine, la tête posée dessus.

- Qu’est-ce que tu fais là ? Tu danses pas ?

- Ca doit être une crise de cafard…

- Ne sois pas ridicule, y a pas de cafard dans le désert. Qu’est-ce qui te tracasse ?

Le temps avait fait son œuvre, dénouant les réticences de la jeune fille, la liant à Ikku d’une solide amitié. Le soutien de la princesse lui avait valu autant d’animosités de la part des membres du clan que n’en subissait Maryline. Mais son affirmation devant ses frères et ses parents, forte de l’enseignement de Ksahar et Dolby et de l’appui du maître alchimiste, avait dissuadé plus d’un d’en venir aux armes pour chasser l’étrangère. L’étrangère. Ksahar l’avait prévenue, elle n’aurait plus aucune famille à laquelle s’identifier, se rattacher. Plus qu’Ikku et sa loyauté. Pendant ces deux années passées loin de tous ses repères, elle s’était accrochée à cela. Pour reconstruire sa vie et atteindre son objectif : devenir maître alchimiste. Car Ksahar n’avait jamais menti : elle était née pour cela, l’alchimie. Pas n’importe quel alchimiste, celui qui tient la lance et le bâton, le bras droit de la reine Kahina. Le serviteur du maître de l’or, le désert. Ce type d’alchimie était vraiment à part, dans sa relation avec le désert, la musique, le chant, la vie elle-même.

Son maître était comme elle née humain ordinaire, au milieu d’une tribu de sorciers qui érigeait la magie au rang de pouvoir suprême. Ikku avait raison, on pouvait devenir magicien sans user de magie. Mais maître alchimiste, c’était bien au-delà. Il avait appris de son prédécesseur à tirer parti de la puissance du désert, quand les sorciers ordinaires ne se servaient que de leur propre force. Raison pour laquelle Ikku s’était évanouie la nuit où elle avait affronté le Nagâ et fait exploser le sanctuaire de Ksahar. En écoutant le chant du désert, Maryline deviendrait à même d’utiliser des sorts auxquels bien peu de sorciers pouvaient accéder.

Mais pour cela, encore devait-elle devenir la meilleure de tous. Dans ce but, et ce depuis deux ans, elle ne ménageait pas sa peine. A l’instar d’Ikku qui s’était attelée assidument à sa préparation au règne, Maryline avait partagé tout son temps, souvent sacrifié des nuits de sommeil aussi, entre l’enseignement de son maître, la pratique de la magie et les recueils de la bibliothèque royale, dont Ikku lui avait largement ouvert les portes, tout en ignorant les brimades de ses pairs. Ne renonçant pas pour autant à sa formation guerrière, elle avait supplié le maître d’armes de l’entraîner au maniement de la lance, arme de prédilection du clan. Seule la reine portait l’épée, cette épée autrefois brandie par la première Kahina et qui passait de génération en génération entre les mains de chaque reine. Pour Maryline qui n’avait toujours manié que la dague ou l’épée courte, maîtriser les rudiments de la lance fut un calvaire pendant longtemps.

Ikku au contraire, qui feignait de s’intéresser à la politique et l’étiquette, excellait dans l’exercice de toutes les armes.

- Occupe-toi de faire pleuvoir au bon moment pour nous attirer les bonnes grâces de la foule, plaisantait Ikku en la voyant briser des manches de lance à tour de bras. Je me chargerai de repousser les envahisseurs.

- Est-ce que ça te manque ? demanda la princesse. La musique. Les concerts.

Maryline ne répondit pas tout de suite, pesant le pour et le contre.

- Je ne peux pas dire que ça ne me manque pas un peu. Mais je fais de la musique aussi en alchimie. Par contre, le chant n’a rien à voir avec le piano. Jouer une note sur un clavier et la chanter juste, c’est différent. Il faut constamment être concentré sur l’instrument. Y a des jours où j’ai l’impression d’avoir repris le violon tellement j’ai fait de couacs dans une seule séance d’exercice.

Ikku fut secouée d’un grand éclat de rire. La pierre sur laquelle elle s’était assise trembla, se déchaussa du mortier pourri et tomba dans la poussière avant que la jeune fille ne puisse se redresser.

Deux notes sèches et directives naquirent de la bouche de Maryline et Ikku se figea dans l’air à mi-chemin de sa chute.

- T’es vraiment plus douée que moi pour la magie, soupira la princesse. Y a pas à dire. C’est pas moi qui mérite le titre de reine-sorcière de l’Atlas…

- C’est long de chanter une incantation pour puiser la magie dans une source même proche, marmonna l’apprentie. Tant que je n’aurais pas atteint le niveau du maître, je ne pourrais pas rivaliser avec un sorcier qui tire sa puissance de sa propre énergie…

- Mais tu l’atteindras. Ksahar l’a prédit.

- Il ne se trompe jamais, celui-là ?

- Ben, paraît qu’il a prédit à ma mère qu’elle mettrait au monde une reine plus grande qu’entre toutes. Petite tout le monde me couvait du regard avec de grands espoirs en tête, genre je vais reconquérir toutes les terres de la Kahina. Maintenant ils attendent juste que je me montre digne de ma charge.

- Attends, il s’est pas trompé. Y a déjà eu une reine avant toi qui dépassait 1m80 en taille ?

- C’est ça, moque-toi ! Et tu comptes me laisser là encore longtemps ?

- Pardon !

Trois notes cristallines créèrent des marches d’air dense qui menèrent Ikku sur la terre ferme.

- Même pas fichue de briser ce simple sortilège, madame la grande reine ?

Ikku vira cramoisie.

- En fait j’y ai même pas pensé. Tu vois comme je suis nulle.

- Non, tu n’es pas nulle. Tu ne te reposes pas sur tes dons à outrance. Mais ça viendra, quand tu auras un peu plus confiance en toi.

- S’entendre dire ça d’une fille qui a le cafard, ça me fait rêver !

Elle posa son royal fessier à côté de son amie à même le sol brûlant.

- Tu sais, moi quand je suis née, personne n’attendait rien de moi, si ce n’est ce qu’on attend de tous les Bessarion, être un bon exorciste. Je suis née entre mes deux frères et je n’aimais pas jouer à la guerre ou aux chevaliers avec eux. Depuis qu’ils sont tout petit, ils ont une arme à la main. Moi je préférais la musique, sans me rendre compte qu’on me regardait de travers dans la famille. Quand je suis devenue assez grande pour comprendre, j’ai pris le chemin de l’entraînement. Je n’aimais toujours pas les armes mais je me disais que c’était le devoir de notre famille, de chasser les monstres. Mais même comme ça, je n’arrivais pas à rendre mon père fier de moi.

Elle éclata en sanglot, réalisant pour la première fois depuis deux ans, ce que Ksahar avait voulu dire. Elle ne cherchait pas à devenir exorciste par devoir, ni même par orgueil. Elle désirait juste l’approbation de son père, voir dans ses yeux la fierté qu’elle n’avait jamais lue enfant.

Ikku lui tapota gentiment l’épaule, resongeant aux paroles de Ksahar. Le deuil serait long, mais Maryline devait l’endurer pour s’en sortir et avancer de sa propre volonté. Ikku n’était pas dupe et se doutait bien que le lion avait dû tenir le même genre de discours à son sujet pendant l’initiation de l’alchimiste. Elle savait bien qu’elle se devait de dépasser l’idée de devenir reine juste pour complaire sa mère ou pour satisfaire les attentes d’un peuple. Elle savait depuis toujours que c’était sa seule motivation, sinon elle aurait fui comme Maryline. Mais elle devait rester pour son propre orgueil et non pas celui de sa famille. Elles se soutenaient l’une et l’autre pour ne plus s’abaisser devant le jugement des autres.

- Ca va aller. En deux ans, tu en as appris plus que les autres apprentis depuis qu’ils savent lire. Tu as du talent, et le maître ne tarit pas d’éloges sur toi.

- Oui, mais si je me rate au moment crucial, ou si le maître ne me choisit pas comme successeur, qu’est-ce que je vais faire ? Maintenant que j’ai un véritable objectif, j’ai peur de tout perdre. Si j’échoue, ils se dépêcheront de me mettre à la porte parce qu’ils ne veulent pas de moi.

- Ca ça reste à voir. Il est hors de question que tu quittes la citadelle. Je te nommerai professeur de musique de la famille royale !

- N’importe quoi. Tu te mettrais le peuple à dos pour une étrangère.

- Pour moi tu n’es pas une étrangère. Combien de fois faudra te le répéter ? Tu m’es plus proche que mes propres idiots de frères !

- Peut-être que je pourrais m’installer avec Dolby et Ksahar, s’ils veulent bien de moi…

- Ne commence pas à envisager l’échec !

- Je ne veux pas quitter le désert. Jamais je n’ai été aussi en phase avec moi-même qu’ici. Je suis certaine de ne jamais retrouver ce sentiment, où que j’aille.

- Au moins tu es certaine d’une chose dans tout ça.

- Tiens, on aurait dit une phrase bravache de reine ! Ca te ressemble bien !

- Allons Lilou, murmura-t-elle tendrement, c’est toi qui m’as appris à ne plus douter. Cette nuit-là restera gravée dans mon cœur. En te voyant si déterminée, si forte, j’ai voulu ne plus être celle qui déçoit sa mère et sa souveraine, pas assez douée, pas assez volontaire, qui se laisse portée par les événements. Grâce à toi, j’ai voulu être une reine dont le peuple et les ancêtres seraient fiers.

- Comme quoi, on fait forte impression sans le vouloir. Moi je voulais surtout m’échapper de cette histoire de dingues et regagner mes pénates. Et pourtant je suis restée. Je suis la plus cinglée de nous deux !

- Tu sais, notre maître nous a parlé de la danse du maître de l’or.

- Vraiment ? Et alors ?

-  « » lui a demandé quand il comptait l’enseigner à son successeur. Le maître l’a regardé d’un air moqueur en lui disant que son héritier la connaissait peut-être déjà. Il est devenu écarlate. Mais le maître a éclaté de rire et a aussitôt ajouté quelque chose à ce sujet.

- Ah bon ? Et c’est quoi ? Le nom de son héritier ?

- Non. Il a dit : « Ce n’est pas à moi de vous l’apprendre mais au seul maître de l’or pour qui nous dansons. »

- Hein ? Ca veut dire que…

- C’est au désert que nous devons adresser nos vœux et prières. En espérant qu’il réponde favorablement.

- Les connaissant, ces petits fats doivent tous courir les dunes pour implorer chaque grain de sable. S’il y en a un qui reçoit ses faveurs avant toi je lui arrache la langue. Tu écoutes le désert depuis tellement d’années que tu ne peux qu’être sa préférée.

- Je ne suis pas sûre que ça marche comme ça, Ikku. Il n’y a pas que le désert qui parle. Il faut aussi que le danseur écoute ce qu’il a à dire. Comme le musicien doit écouter la voix de son instrument sinon sa musique ne signifie rien. Et moi, j’ai beau écouter à m’en rendre sourde, je n’entends rien à ce chant, rien de cohérent, rien.

Ikku lui prit affectueusement la main.

- Mary, tu veux bien danser pour moi ? Pas pour une princesse, pas pour une sœur, pas pour une amie, mais simplement pour cette nuit où nous sommes venues au monde pour la seconde fois, où Maryline Bessarion a prouvé sa force et sa générosité, où Ikku Jadou a trouvé le courage de surpasser ses faiblesses. Danse pour nous, telles que nous sommes aujourd’hui.

Maryline hésita ; se redressa sur la pointe des pieds ; saisit son « bâton » qui gisait dans le sable à côté d’elle ; se leva. Elle épousseta sa robe rouge passé où se dessinaient en arabesque argentés les symboles alchimiques dont elle se servait le plus. Otant ses sandales, elle posa un pied léger sur la première dune, leva son bâton au-dessus de sa tête, une simple branche d’épineux à même de canaliser les flux d’énergie. Une simple expiration et son corps entier s’abîma dans la danse. Une danse sans nom, une danse qu’elle n’avait jamais apprise mais dont chaque mouvement lui vint avec l’aisance naturelle d’une valse mainte fois répétée. En gestes gracieux et délicats, elle souleva une gerbe de sable autour d’elle. Les particules l’emprisonnèrent dans un voile où Ikku ne devinait plus que l’ombre de sa silhouette.

Mais ce qu’elle vit tout autour fut extraordinaire. Des rayons liquides du soleil sur les dunes apparurent des formes indistinctes d’or, cinq en tout. A mesure qu’elles approchaient de la danseuse, des membres graciles se dessinèrent. Là l’esquisse d’une corne, ici le cisellement d’une écaille, l’agilité d’une main, la finesse d’un bec, la douceur d’une crinière. Ikku reconnut la gazelle des plaines, le cobra des sables, le singe des montagnes, l’Eclaireur du Désert et le Gardien Vigilant. Mais il ne s’agissait pas tant de Dolby et Ksahar eux-mêmes. Non, ce qu’elle voyait, le spectacle auquel elle avait le privilège d’être conviée, c’était la réunion de l’esprit des cinq fils du désert. Maha la bondissante, le mortel, le sage, le facétieux et le rugissant. L’esprit des tous premiers fils de la terre et du soleil. L’antilope secoua ses longues cornes effilées et bondit de dunes en dunes, taquinant le paresseux cobra, martelant la cadence de ses sabots d’ébène. Le reptile montra les crocs devant l’insolente tout en se balançant d’avant en arrière, les ondes vibrant le long de son corps. Le singe sauta sur le dos du lion et battit des mains comme un spectateur avide. Le fauve se secoua pour s’en débarrasser, grognant de voir le macaque revenir à la charge. Le manchot qui semblait tout tenir du caractère de Dolby s’ébroua en haussant les « épaules » d’un air défaitiste.

Ma parole, je rêve !

Le voile de sable retomba, découvrant Maryline entraînée dans sa danse, inconsciente des spectateurs. Ses pas ralentirent, marquant une dernière fois le rythme avant de s’arrêter pour de bon. Debout au centre des esprits, sa robe semblait teinte de frais d’un beau vermillon brillant, les arabesques rehaussées d’argent pur. Son bâton n’était plus une pauvre branche mais une belle lance plaquée d’argent à la pointe d’onyx où courraient des incantations. Tour à tour les cinq esprits s’inclinèrent. Le singe sauta prestement sur son épaule et applaudit à tout va.

Le soleil plongea dans l’horizon emportant avec lui ses cinq fils. La nuit s’alluma du ballet des étoiles. Et l’illusion du maître alchimiste disparut avec eux.

 

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