Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 22:32

Je vous avais parlé d'une nouvelle écrite dans le cadre d'un concours littéraire sur les Chevaliers de la Table Ronde. Eh bien elle a été sélectionnée par le jury pour faire partie du recueil de nouvelles gagnantes du concours (y avait pas assez de participation ou quoi ? Mais trop contente quand même). Et comme les résultats sont désormais tombés, je vous mets ladite nouvelle ici.


Le thème était:

Les Nouveaux Chevaliers de la Table Ronde

"Avec Arthur, Lancelot, Merlin et toure l'histoire des Chevaliers de la Table Ronde revisitée par la Fantasy et la magie d'Harry Potter"

 

 

LA QUETE DU VAL SANS RETOUR


La Fée Morgane s’ennuyait. Recluse en son château du Val sans Retour, l’espiègle enfant éternelle ne parvenait pas à se divertir des pitreries d’une armée de farfadets maladroits. Les soupirs des malheureux amants infidèles prisonniers du Val ne l’amusaient plus. Le royaume de Logres semblait en bonne voie pour regagner sa prospérité d’antan. Déjà son frère, le jeune Arthur, ce freluquet catapulté héritier de Pendragon, avait retiré Excalibur du rocher et pris le trône. Comme il était écrit, l’avait nargué cet abominable vieillard de Merlin, dont la prévenance avait protégé Logres des attaques de la Fée. Merlin ! Si elle avait pu lui arracher un à un les fils d’argent de sa barbe, Morgane y aurait trouvé quelque divertissement. Elle devait à tout prix empêcher le sacre d’Arthur.

« Maîtresse ! Maîtresse ! Regardez, on approche du Val. »

« Encore un humain sans intérêt. Quel que soit son cœur, qu’importe, soupira la Fée. » Elle congédia le farfadet d’un geste de la main.

« Mais, maîtresse, celui-là n’a pas l’air ordinaire, insista la créature en lui collant le miroir magique sous le nez. »

La Fée le lui arracha des mains.

« Intéressant. Ecoutez, vous autres ! Voici ce que nous allons faire. »                             


Sur un palefroi blanc, Lancelot du Lac, premier des chevaliers de la Table Ronde et meilleur ami du Roi, s’avançait aux portes du Val sans Retour. Du haut de ses dix-sept ans, il avait fière allure, et sa gentillesse et sa modestie en avaient fait le champion de tout Logres. Il n’était pas une quête dont son courage et sa noblesse de cœur ne venaient à bout. Mais le jeune Lancelot avait un secret qu’il ne voulait en aucun cas voir révélé.

« Lance ! Allez c’est bon, libère-moi ! »

« Ne m’appelle pas comme ça ! »

« Ok ! Ok ! Juré, je recommencerai plus. Mais sors-moi de là, j’étouffe ! »

Le chevalier extirpa sans ménagement une petite créature de ses fontes, pas plus grande qu’un rat, d’immenses oreilles dépassant d’un bonnet de feuilles, velue à souhait.

« Ne te jette plus à la tête des gens sans prévenir ! le sermonna Lancelot. »

« On ne traite pas ma maîtresse de sorcière maléfique devant moi ! Et tu devrais en faire autant, elle t’a élevé comme son fils. »

« Pourquoi la Dame du Lac m’a-t-elle collé un tel parasite ? soupira l’humain. »

« Pour veiller sur toi. Et je ne suis pas un parasite, môssieur ! »

« Soit, tempéra Lancelot. Mais je ne tiens pas à ce que l’on sache que je traîne un korrigan avec moi. On croirait que je profite de ta chance. »

« Bah laisse-les dire, répliqua la créature en sautant sur l’épaule du jouvenceau,  puisque tu as tout fait pour qu’elle ne t’atteigne pas. »

« Ce n’est pas écrit sur mon front ! Tout le monde n’est pas magicien comme toi. »

« En même temps… »

Le korrigan bourra une petite pipe d’herbes séchées et y mit feu en claquant des doigts.

« En même temps, reprit-il, tu aurais dû en profiter plutôt que de te jeter un sort qui en annule l’effet. Tes quêtes en auraient été moins difficiles et moins humiliantes… »

Le chevalier en armure piqua un fard, se rappelant quelque scène qu’il aurait préféré oublier.

« Je vais te… »

Le korrigan, qui avait pour nom Fir, tira une longue bouffée sur sa pipe et en cracha la fumée dans le visage de son compagnon.

« Changeons de sujet, petit. Tu as une belle à courtiser ? »

« De quoi … ? bégaya Lancelot en rougissant de plus belle. Non… Non ! Bien qu’il y ait maintes nobles damoiselles fort charmantes dans tout Logres qui seraient prêtes à me confier leur cœur, le mien ne bat que dans l’attente de l’être unique que j’aimerai d’un amour infini. »

« Maintes, maintes ! Ne sois pas prétentieux, petit ! Enfin, ça facilitera la tâche qui t’attend. »

« Que veux-tu dire ? »

Une douce voix féminine résonna sous le couvert des arbres.

Lancelot du Lac gagne +3 en charisme.

« Je m’y ferai jamais, marmonna le jeune homme. »

« Eh oui, c’est ça le monde des quêtes ! C’est pour les annales divines, afin de juger des compétences des nouveaux héros par rapports aux caractéristiques des anciens. Ca rapporte de débiter des âneries. »

« J’étais sincère ! N’empêche, je me demande pourquoi je me retrouve toujours dans les pires plans… »

« C’est ton destin ! »

La frontière du Val sans Retour était marquée d’une gigantesque arche de basalte d’un noir mat, sculptée sur ses montants de chimères infernales. Au-delà, une sombre forêt couvrait un chemin sinueux à peine visible. Le lieu n’avait rien d’engageant.

« Quelqu’un est déjà revenu de cet endroit ? »

« Aucun, à ma connaissance, avoua Fir. »

« Eh ben, ça promet… »

 

Morgane avait pris parti de corrompre le cœur du Champion de Logres et protégé de la Dame du Lac. Privé de son bras droit, son frère d’arme, Arthur perdrait pied et toute la volonté de Merlin ne suffirait pas à le relever. Revêtant l’aspect d’une belle jouvencelle, elle l’attirerait dans un piège tendu par ses farfadets et l’ensorcellerait par des charmes connus d’elle seule. Alors que Lancelot pénétrait dans son royaume, elle s’avança avec délectation pour jouer la comédie. L’emprisonner dans le Val n’était pas suffisant. Il devait porter un coup fatal à l’intégrité de la couronne. Devenu son champion, le chevalier s’opposerait ouvertement à Arthur et le défierait. Quelle ne fut pas sa surprise, alors qu’elle songeait avec délice au désespoir qu’elle susciterait, de voir un jouvenceau maladroit débouler entre sa cachette et sa cible et s’étaler presque sous le sabot du palefroi blanc.

Lancelot démonta pour se porter au secours de l’inconnu.

«  Tu n’as rien, petit ? »

« Eh ! Lance, souffla Fir, c’est une… »

« Damoiselle ?! »

« Et pas n’importe laquelle, siffla Morgane cachée dans les fourrés en reconnaissant le pendentif au cou de la nouvelle venue. »

Pendentif que la jeune fille cacha prestement sous sa tunique.

Ce qu’elle vit naître dans les yeux de Lancelot suscita l’intérêt de la Fée. Elle l’avait vue dans le regard de suffisamment d’hommes pour reconnaître l’étincelle de l’amour. Morgane donna ses instructions à ses serviteurs.

« Vous deux, suivez-les. Faites en sorte qu’ils n’arrivent pas jusqu’au cœur de la forteresse et qu’ils sortent du Val sans encombre. »

« Mais pourquoi, maîtr… »

« Ne discute pas mes ordres ! trancha la Fée. Allez ! »

Les créatures ne se le firent pas répéter.

« Lancelot, tu sortiras du Val sans Retour car cela me sied. Mais tes compagnons, je les garde. »

Le rire de Morgane s’éleva dans la sombre forêt qui entourait le Val et figea toute vie alentour.

 

« Eh oui ! Je suis une fille. Ce n’est pas censé se voir, ajouta-t-elle en touchant ses cheveux coupés à la garçonne, mais si vous m’avez percée à jour c’est que vous êtes magicien. »

« Un peu, bredouilla le chevalier confus. »

« Je n’osais pas les couper, alors j’ai appliqué une simple illusion dessus. Les gens n’aiment pas voir les filles faire de la magie, on les traite tout de suite de sorcière. Je m’appelle Gwen, je suis mage de niveau 3. Et vous êtes… ? »

Il fallut que, caché sous sa cape, Fir lui pique les côtes pour que le chevalier retrouve ses esprits.

« On est dans le pétrin, songea le korrigan. »

« Lancelot du Lac, chevalier de la Table Ronde. Paladin de niveau 5. »

« Lancelot ? Le vrai Lancelot ? demanda la jouvencelle les yeux brillants d’admiration. »

« Euh oui… pourquoi il y en a d’autres ? »

« Lancelot du Lac, vainqueur du terrible Gardien du Gué ? Du dragon de Calédonie ? »

« …vaincu dans la minute suivante par une chèvre acariâtre, ricana Fir sous le mantel du chevalier. Les quatre fers en l’air et le nez dans la fange. »

Le jeune homme se sentit rougir jusqu’à la racine des cheveux. Incapable de se venger du korrigan sans dévoiler sa présence, à Gwen il se contenta d’enchaîner.

« Mais que faites-vous ici ? Ignorez-vous que le Val est enchanté ? »

La jeune fille jeta des regards perplexes autour d’elle, ne reconnaissant visiblement pas les bois qui les entouraient. Elle soupira avec fatalisme.

« C’est pas possible, je me suis encore perdue !  Je me suis fait attaquer par des pixies dans la forêt. En voulant fuir, j’ai trébuché sur une grosse racine et j’ai atterri là. »

« Attaquée par des pixies ? On est vraiment dans le pétrin, songèrent à l’unisson les deux compagnons. »

 

Prisonniers du Val sans Retour, Lancelot et Gwen avaient poursuivi leur chemin vers la forteresse de la Fée Morgane, inconscients de la paire de farfadets trouillards qui les suivaient de très loin dans les fourrés. Ne rencontrant pas de présence hostile, ils devisaient aimablement. Ou plutôt, Gwen, montée à l’avant de la selle, ne tarissait pas le flot de ses paroles, contant tour à tour ses mésaventures de magicienne maladroite et son admiration pour le chevalier ; tandis que Lancelot demeurait sur ses gardes, mal à l’aise du silence étrange qui régnait sur la contrée.

Fir, caché dans les fontes, désespérait de voir la jouvencelle se taire. Connaissant la nature de l’enchantement frappant ces terres de sa tyrannie, il craignait de voir les jeunes sentiments de Lancelot pour Gwen compromettre sa quête. Si son cœur se révélait faible à toute tentation, ils ne ressortiraient pas du Val. Pas vivants du moins. Et bien qu’il eut grande confiance en le protégé de la Dame du Lac, Fir ne pouvait s’empêcher de penser à l’improbable échec.

« Par pitié, Lance, pensa-t-il, sois d’une extrême prudence. Ces lieux ne sont pas ordinaires et celle qui y impose ses volontés, bien qu’elle fut autrefois une aimable damoiselle, est  aujourd’hui la plus cruelle et la plus acharnée des ennemis d’Arthur. »

Alors qu’il ruminait ses noires pensées, Fir pressentit un danger les guettant, tout proche. Ce n’était plus la menace latente qui sourdait du cœur du Val. C’était une présence peu imposante mais qui s’attachait à ne pas les perdre de vue.

« Lance ! chuchota le korrigan pour attirer son attention. »

Il n’obtint en retour qu’un léger coup de coude ferré d’acier.

« Petit impertinent ! jura la créature. Bah, les hostiles n’ont pas l’air bien dangereux mais mieux vaut ne pas être pris en tenaille par l’ennemi. »

Sur quoi, il s’évanouit du sac pour ne pas être vu de Gwen et réapparut dans un taillis sur le bas-côté du sentier. Il se cala confortablement dans les branches basses et attendit l’arrivée des intrus.

« Bien, un peu d’exercice ça ne fait pas de mal, s’exclama-t-il en apercevant les espions farfadets. »

 

Lancelot ne se doutait pas de la disparition de Fir. Le sentier mena bientôt sa monture jusqu’à une plaine où s’étirait paresseusement une rivière. Une damoiselle au bord de l’onde sommeillait. Mais bientôt, il leur apparut que la jeune fille était bien trop exsangue et trop raide pour un simple assoupissement. Gwen se jeta à bas de la monture pour lui porter secours, avant que Lancelot ne puisse l’exhorter à la prudence. Tout dans ces lieux pouvait présenter une menace. Et comme la magicienne se penchait sur l’inconsciente, la crainte du paladin se matérialisa.

La damoiselle ouvrit un oeil noir et liquide et ses lèvres dévoilèrent une rangée de crocs étincelants. Se jetant à la gorge de Gwen, elle tenta d’y planter les dents en rugissant. Mais Lancelot fut plus prompt. Lançant son cheval sur la furie, il la repoussa du plat de son épée. La fantastique créature, repoussée jusqu’à la rive, se métamorphosa. Des membres noirs et épais prirent la place des bras et des jambes graciles. Le beau visage devint faciès hideux couverts d’écailles luisantes. Une paire d’ailes saillit de la colonne vertébrale voûtée, plantée de plaques osseuses.

« Une vouivre, marmonna Lancelot. Gwen, en retrait ! »

Epée au clair, le chevalier se rua sur le flanc de la bête. Mais une queue bardée d’épines frappa de plein fouet.

« Protectio ! invoqua Gwen, pointant devant elle un bâton de magie solidement tenu des deux mains. »

Une barrière translucide contra l’attaque avant qu’elle ne désarçonne le paladin.

« Je vous couvre, dit-elle simplement. Je vais tenter de l’immobiliser. Profitez-en pour frapper au cœur. La cuirasse des vouivres est la plus solide de tous les dragons, essayer de la percer pour l’affaiblir est inutile. »

Pour gagner du temps, Lancelot agaça la créature de son épée, faisant volter son cheval chaque fois qu’une patte griffue ou une aile faisait mine de s’abattre sur lui. Il sentait derrière lui Gwen invoquer le sort qui bloquerait l’ennemi. Ce n’était plus qu’une question de secondes avant que le flux de magie se libère de son artefact pour frapper sa cible.

« Ecartez-vous ! Tempus adstrictus ! »

Une formidable onde de choc souleva la terre jusqu’aux pieds de la vouivre. Le gel l’emprisonna dans un écrin d’argent dont elle ne put se défaire. Alors Lancelot leva son épée et frappa le poitrail exposé. La vouivre se dressa sur ses pattes arrières dans un dernier sursaut d’énergie avant de tomber dans la rivière et d’y sombrer.

Ebahis par leur propre exploit, les deux jeunes gens échangèrent un regard complice.

« Félicitations, Gwen, une vraie sorcière ! »

« Ma-gi-ci-en-ne ! pesta l’intéressée. »

La voix désormais familière s’éleva :

Guenièvre de Carmélide gagne 1 niveau.

« Super ! s’écria la jeune fille. Je vais enfin avoir accès aux sorts de feu ! »

« Gueniè… bégaya Lancelot en la dévisageant. »

Revenant à la réalité, le chevalier posa genou en terre, le cœur étreint par une peine indicible.

« Ma reine, pardonnez mon insolence ! »

Gwen lui jeta un regard taquin empreint de bienveillance.

« Par pitié ! N’en dites rien à mon père ni à Arthur. Quelle reine ferai-je à battre la campagne pour combattre des monstres ? »

« La plus noble et la plus courageuse ! Digne de régner au côté du plus grand des rois, ajouta-t-il prestement, conscient dans quel embarras sa vivacité pouvait mettre la future souveraine. »

« Et la plus sale, précisa-t-elle dans un rire qui réveilla toute la forêt et raviva la douleur dans le cœur de Lancelot. Soyons amis, chevalier du Lac. »

« Je serai votre plus fidèle serviteur, majesté. »

Lancelot du Lac gagne + 2 en loyauté.

« Encore à débiter des âneries, lança Fir qui revenait de sa chasse aux farfadets. »

Et le rire des trois compagnons emplit le Val sans Retour, libéré de sa malédiction.

 

Morgane contempla sa forteresse, son fief et tout autour les chevaliers libérés des chaînes de l’enchantement, convergeant vers le chevalier du Lac.

« Maudit sois-tu Lancelot ! L’amour que tu portes à ta dame a rompu le maléfice qui retenait ici tes pairs. Mais il vous conduira, toi et tes compagnons, à une fin bien plus funeste. »

 

Lancelot, Guenièvre, Fir et les chevaliers de la Table Ronde autour du roi Arthur connurent bien d’autres aventures. Mais ceci est une autre histoire.

 

 

Repost 0
Published by Jillian - dans Petites histoires
commenter cet article
4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 20:14

J’ai retrouvé au fond d’un petit coffret une vieille montre de gousset.

Il me souvient que ma grand-mère me disait à son sujet :

« Sais-tu mon enfant, que cette montre a pouvoir de remonter le temps ? »

Il me semble que petite je m’émerveillais d’une telle possibilité.

Chaque jour de pluie, je ressortais la montre de sa cache et admirais le ballet de ses aiguilles dorées égrener les secondes fuyantes.

Et chaque fois, j’entendais ma grand-mère me répéter :

« Sais-tu mon enfant, que cette montre a pouvoir de remonter le temps ? »

Un jour pourtant je lui rétorquais en souriant :

« Allons grand-maman ! Je ne crois plus à ces contes, je ne suis plus une enfant. »

Elle me prit alors doucement le joyau d’horlogerie des mains et me dit :

« Un jour je ne serai plus, mais cette montre demeurera.

Puisse-t-elle avoir ce pouvoir qui nous ramènerait l’une à l’autre. »

J’ai retrouvé au fond de son coffret cette montre surannée.

Grand-maman n’est plus.

Les aiguilles d’or avec elle se sont arrêtées.

J’ai serré fort contre mon cœur cette montre fabuleuse comme autrefois.

Et il me semble que j’entendis dans le silence murmurer :

« Sais-tu mon enfant, que cette montre a pouvoir de remonter le temps. »

Je me retournai pleine d’espoir dans la pièce vide et silencieuse.

Un instant j’avais cru… comme autrefois.

Tout était en place,

La vieille chambre à coucher en pin, l’armoire grinçante, la machine à coudre centenaire,

Même la pluie tapant discrètement au carreau, ruisselant en filigrane derrière le rideau de dentelle, s’était jointe au rendez-vous.

Il ne manquait qu’une personne pour qu’on se crut revenu en arrière.

Juste une personne…

Et un bruit de rouage délicat qui s’enclenche… Tic… Tac…

La trotteuse qui avance, secondes après seconde, par un après-midi pluvieux.

Pardon, j’ai menti, grand-maman, je suis toujours une enfant…

« Dis grand-maman, tu savais toi, que cette montre a le pouvoir de remonter le temps ? »

 

 

A ma grand-mère,

6 March 1936 - 4 December 2008.

Cause love's something that never fade.

Repost 0
Published by Jillian - dans Petites histoires
commenter cet article
29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 23:06
Et après recherche, fortement influencé par un conte pour enfant de Claude Steiner (réminiscence du passé de Lilou?)
Quoiqu'il en soit, la voici illustrée telle qu'elle était relatée sur ma règle.

L'histoire des Chodoudoux
Texte de Maryline - Fan-art de Jill (oui parce que c'est du fan-art!)
l-histoire-des-chodoudous.jpg
L-histoire-des-Chodoudous-2.jpgPetit clic sur les images pour lire les textes ^^

Cher lecteur.
Si toi aussi tu trouves que des nages jaunes qui parlent et des étoiles grises c'est un délire dû à la prise de substances illégales,
Si tu protestes: "les dindons noires à plumet rouge sont une espèce protégée en voie d'extinction qu'il faut traiter avec respect!",
Si la pelouse vert flashy te pique les yeux,
Si toi aussi tu trouves que cette histoire de bouclier capillaire est fortement capillotractée,
Alors je suis navrée de t'annoncer que tu n'es plus en âge de lire des contes pour enfants (grand bien te fasse!) et que ton niveau est trop élevé pour cette section. ^^
Repost 0
Published by Jillian - dans Petites histoires
commenter cet article
12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 08:18
Texte "court", développé d'un ancien devoir d'anglais où j'avais eu 12 parce que la prof n'y connait rien à la fantaisie et m'avait taxé de barbarisme à cause du mot vouivre (wyvern en anglais). Non mais je vous jure!


L’ost se mit en marche, ébranlant les milliers de piques où pendaient des fanions aux couleurs des seigneurs du royaume, dragons et vouivres, ours et lions, licornes et autres chimères. Les soldats, qui braillaient et plaisantaient tantôt, se donnant un courage qui leur ferait un jour défaut, affichaient un visage de marbre, fier et grave. On marchait vers le nord, au-delà du mur hanté d’Hadrien, vers les brumes du pays des barbares. On se pressait au créneau des remparts, les jouvencelles adressant un dernier baiser à leur promis, les mères versant une dernière larme, les enfançons lançant des encouragements joyeux. Au devant chevauchait le roi, sa cape rouge comme un phare pour guider ses hommes flottant au cahot du trot de sa monture. Et j’avançais à ses côtés, ma harpe de voyage maintenue à ma ceinture par des liens de cuir en lieu et place d’une épée, frêle et chétif au milieu de ces gens d’armes aguerris. Ceux qui ne me connaissaient pas s’étonnaient de voir un jouvenceau au côté du roi des rois, tout barde que je fus. Les autres m’évitaient en se signant. Les uns comme les autres, je les laissais à leurs superstitions ridicules. J’avais juré d’être auprès d’Artus, dans toutes les situations, jusqu’à ce que la mort nous prenne, lui ou moi. Et pour rien au monde je n’aurais brisé mon serment en lui faisant défaut à l’aube d’une telle guerre.

En montant dans les plaines du nord, le souffle des hommes se cristallisa à leurs lèvres. La croupe des chevaux fumait d’une vapeur blanche et le sabot lourd faisait craquer l’herbe gelée. L’hiver ici n’avait pas encore rendu les armes devant les doux assauts du printemps. Le corps du Dieu de la Terre dormait, attendant que les bras de la plus jeune des Trois l’enlacent et le réchauffent. Il était trop tôt pour monter en expédition si loin au nord. Tous le savaient, nous n’étions pas à l’abri de nous faire surprendre par la neige. Mais il nous était impossible d’attendre que l’ennemi s’enhardisse davantage, regroupe les clans épars en une armée cohésive. Déjà les Hommes bleus avaient franchi la frontière et avaient attaqué les hameaux des Orcades. Le roi Loth était coutumier de leurs escarmouches, vol de bétail principalement. Mais cet hiver, les Dieux savent quelle folie avait poussé les barbares aux arabesques de guède à saccager les lieux de culte, à massacrer les fermiers, enlever femmes et enfants et brûler le grain dans les greniers. Et ces diables, disparaissant dans les brumes leur méfait accompli, échappaient à toute justice seigneuriale. Fort des larmes de ses sujets, Loth vint jusqu’en les quartiers d’hiver du roi des rois demander aide et vengeance. L’ost du Dux Bellorum fut levé et ce jour elle marchait résolument vers son destin que je pressentais funèbre. Fils des montagnes et du vent, les Pictes étaient des créatures insaisissables sur leur terre. Combien d’hommes ne reverraient pas leur foyer ? Combien de morts chanterais-je au lendemain de la bataille ? Reviendrions-nous victorieux la tête haute et les couleurs du royaume brandies haut au-dessus des têtes ? Ou miséreux et vaincus, l’oriflamme déchiré recouvrant le corps d’Artus ? Mon sort lié depuis si longtemps au sien m’interdisait de deviner les voies de son avenir. Car aucun devin ne saurait entrevoir sa propre destinée. Mes doutes et cette cécité ne me rendaient que trop nerveux et je m’obligeais à dissimuler le trouble qui me rongeait. A mes côtés, Artus regardait fixement droit devant lui. Jamais il ne faillit, jamais il ne douta et je me fustigeai d’être une proie si faible devant la peur.

L’armée déboucha au sommet d’un col et nous surplombâmes la plaine et le mur d’Hadrien, fantomatique dans les rayons froids de l’astre du jour. Le vent sifflait à nos oreilles, apportant aux hommes apeurés l’écho de cris bestiaux, de gémissements inhumains. Il y avait quelque sorcellerie tapie dans l’air, dans les cristaux de givre qui s’accrochaient à nos cheveux et nos manteaux.

Un homme de la garde royale poussa un cri et désigna une silhouette en contrebas. Je la vis, assise sur une roche descellée du grand mur, jouvencelle à peine sortie de l’âge tendre de l’enfance. Je savais que ce n’était qu’un leurre. Tout comme moi, elle avait hérité de son sang et de notre Île Sacrée le don d’altérer son aspect pour le modeler à sa guise. Cette enfant, je l’avais élevée, formée aux plus beaux arts de la magie, du chant et de la musique. Elle était ma fierté, aussi belle que son caractère était fort et retors. Artus la reconnut lui aussi et sa gorge se serra. Elle nous regardait de ses yeux de velours, d’un air supérieur et satisfait, une étincelle mauvaise au fond de son noir iris. Ainsi, la fée rejetée avait scellé son destin et le notre en offrant sa puissance à l’ennemi héréditaire de notre peuple. Ainsi songeait-elle assouvir sa soif de vengeance.

Elle se leva et la pierre du fin diadème d’argent qui cerclait son front accrocha un rayon de lumière de mauvais augure. Sur son épaule se percha le corbeau de Raven qui se repait du sang des vaincus et sur sa main droite se posa la corneille de Morrighan, reine des victorieux. Le malaise me saisit à nouveau et comme je portais la main à ma harpe, elle leva sa senestre. Ma monture se cabra, les yeux fous, la gueule écumante, et je fus projeté à terre. J’eus vaguement conscience des cris affolés des hommes tandis qu’ils tentaient d’attraper la bride de mon cheval qui me piétinait. Mes os se brisèrent, le sang inonda mes poumons, ma bouche et mon nez. Croyait-elle vraiment me vaincre de la sorte ? Moi l’Emrys immortel que les âges n’atteignaient point ?

Me voyant condamné, Artus se rua sur la fée pour la passer au fil de son épée. Sa garde, son armée, tous suivirent leur souverain, comme un seul homme. Au fracas des chevaux et des armes succéda un silence de mort. Comme je me relevais, mes blessures cicatrisant d’elles-mêmes, je la vis, penchée au-dessus de moi, un sourire mutin sur son visage d’enfant. Sa robe noire flottait dans le vent et Raven tournoyait en cercles sinistres sur nos têtes. Le sang perdu me faisait perdre l’esprit.

- Tu ne peux me tuer ainsi, la défiai-je.

Il y avait dans son regard quelque chose qui éveillait en moi les pires craintes, mais je n’y pris garde. Son sourire s’élargit, dévoilant une rangée de dents comme des perles.

- Te tuer, j’y ai renoncé il y a bien longtemps. Mais te détruire, ça non.

Je tournai mes yeux vers la direction qu’elle m’indiqua. Raven s’était envolée vers une forêt de pierres hautes comme des hommes. Le désespoir serra mon cœur dans un écrin de glace. Je me ruai vers la plus haute d’entre elles. Sous le lichen qui rongeait les veines du granit on devinait encore les nobles traits du roi des rois. Les larmes ravagèrent mon visage tandis que je m’effondrais de douleur et de chagrin au pied de mon seigneur et élève. Ce petit garçon que j’avais enlevé à la convoitise des rois fédérés pour en faire le plus grand des rois n’était plus qu’une statue figée dans la colère.

- Ainsi, ne nous le disputerons-nous plus. Voilà solution opportune, Emrys, tu souffriras indéfiniment comme tu m’as fait souffrir. Je te l’ai arraché à ton affection comme autrefois tu me le volas, mon cher petit frère.

- Tu es donc prête à ruiner un royaume pour ta rancœur personnelle ! hurlai-je comme elle se détournait de son œuvre démoniaque. A offrir non seulement le peuple à la violence de ces barbares mais aussi la survie d’Avalon.

- Avalon n’est plus rien pour moi. Et je prie pour que tu n’y trouves toi-même plus l’asile d’antan pour y soigner ton cœur blessé.

Et elle disparut dans la brume descendue des montagnes, lançant Morrigan au-dessus des hordes de Pictes qui s’élancèrent sur les terres privées de toute défense. Je les laissais faire, indifférent au sort qui m’attendait. A quoi bon tenter de sauver quoi que ce fût si Artus n’était plus pour assurer la prospérité du royaume ? J’hurlai, j’hurlai à la mort le nom du roi, le nom des dieux d’Avalon, le nom de la traitrise tandis que les flots de barbares dévalaient autour de moi, comme un torrent qui contourne un îlot. Mon nom était Myrddin Emrys, Merlin, Chef des Bardes de Grande et Petite Bretagne, mentor d’Artus Pendragon. Le sien était Morghan la Fée.

Repost 0

Compteur

Il y a    personne(s) égarée(s) sur ce blog!

Recherche

Là où j'aime me balader

 

header_home_tmpphpfuozMb.jpg

gohlgrinm

banniere-alethios.jpg

nanis.jpg

header_article_tmpphpieH1Gy.jpg

header_article_tmpphpUdT0TX.jpg

header_home_tmpphpat9heR.jpg

pandorre

Bandeau-g8.gif

bannierejess.jpg

http://www.lejapon.fr/bans/mediumban_lejapon-fr2.gif